Les liquides dans les tuyaux en réanimation

 

Que peut-on mettre dans tous ces tuyaux décrits dans notre précédent article du doigtier scientifique ? Que fait-on lorsqu'une personne a un malaise ou perd connaissance : on vérifie qu'elle respire bien,que le coeur bat, et on cherche une cause, non ? Et bien, l'objectif lorsqu'une personne est hospitalisée en réanimation, c'est essentiellement de s'assurer que l'oxygénation du corps est suffisante, c'est à dire que les poumons parviennent à mettre de l'oxygène dans le sang et que le coeur l'amène aux différents organes et puis, bien sûr, il faut tenter de traiter la cause qui a amené le patient là. Et les traitements de confort.

S'assurer que l'oxygénation est suffisante

Cela correspond à tous les tuyaux liés aux poumons : apport simple d'oxygène par un masque jusqu'au remplacement de la fonction repsiratoire. On peut très facilement choisir la quantité d'oxygène que l'on veut amener. On pourrait se dire : autant en amener le maximum! et bien non, pour deux raisons : l'oxygène pur est toxique pour les poumons, et dans certaines circonstances (les insuffisants respiratoires chroniques surtout ) trop d'oxygène peut amener le corps à diminuer sa fréquence respiratoire. Donc on monte progressivement, de 21% d'O2 (contenu dans l'air) jusqu'à 100%.

A cet air, plus ou moins enrichi en oxygène peuvent s'ajouter d'autres gaz : genre hélium pour certaines formes graves d'asthme ou le NO (à l'origine du prix Nobel de 1998) qui, en simplifiant, facilite l'extraction de l'oxygène par les poumons (néanmoins, au delà du médiatique, il n'existe pas encore de preuve montrant que le NO peut augmenter la survie : corriger un constante biologique, c'est bien, cela fait plaisir au médecin, mais cela peut n'avoir aucune conséquence à moyen ou long terme)

Ajoutons que parfois, malgré l'anesthésie générale, le patient lutte inconsciemment contre les machines qui le font respirer : on peut être amené à donner des curares, pour empêcher les muscles de bouger. Ces curares, lors de prises prolongées, augmentent le risque de paralysies post réanimation, qui régressera avec le temps.

S'assurer que le coeur amène l'oxygène aux tissus

C'est ce qu'on appelle avoir un état hémodynamique stable; en gros, avoir une pression artérielle suffisante pour amener le sang chargé en oxygène à tous les organes. 3 grandes causes (voir état de choc) peuvent déséquilibrer cet état hémodynamique (hémorragie, infection grave ou défaillance cardiaque, les trois pouvant se mêler). 4 grands types de drogues sont utilisées pour corriger ces déséquilibre, à passer sur un cathéter central à la seringue électrique (liquide dans une séringue, une machine pousse la séringue avec un débit défini régulier) + le remplissage simple par des équivalents de plasma.

Tous ces produits passent sur un cathéter central. Ils peuvent tous provoquer des arythmies cardiaques.

Tout cela, c'est la théorie; en pratique, et le tuyau "Swann" décrit la semaine dernière est là pour cela, un patient grave en réanimation oscille souvent entre un état de déshydration ou d'hyperhydratation, de défaillance cardiaque et de dilatation de ses vaisseaux. Il faut donc "jouer" avec tous ces éléments

Le traitement de la cause qui a amené en réanimation

Un médecin puriste nous aurait déjà envoyé un e-mail en lisant les lignes précédentes, car bien sûr, le plus important, ce n'est pas de soutenir de manière symptomatique un patient, mais de traiter directement la cause qui a amené le patient là (sinon, on n'avance pas!). L'un ne va pas sans l'autre!

Quelques exemples pratiques :

Le reste

Deux remarques :

La politique en matière de réanimation part d'un principe : avant d'envisager un traitement quelconque pour un patient, il faut rétablir son état hémodynamique : bonne oxygénation et bonne perfusion des tissus.

Chez ces patients, le risque de nouvelles infections à l'hôpital est majeur. Certaines (notamment avec les germes les plus résistants aux antibiotiques) pourraient être évitées, mais la majorité restent une conséquence de cet état précaire.


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