Prostituées africaines,

animaux de laboratoire

ou l'étude du spermicide qui tue...

 

Qu'est ce que ce propos de tiers-mondiste vieux jeu ? :

   Un peu d'histoire d'abord : à la fin des années 80 lorsque la recherche contre le SIDA démarrait vraiment, notamment dans le domaine des vaccins, et en l'absence de véritable modèle animal, on se demandait comment diable on pourrait tester l'efficacité de tels vaccins. Quelques personnes, des mauvaises langues bien sûr, et d'ailleurs souvent ironiques, déclaraient qu'heureusement que l'Afrique existe, ce sera un beau lieu pour tester les traitements; il est d'ailleurs clair que le peu de campagnes de prévention dans ces pays pour l'usage du préservatif serait un atout supplémentaire.

   Un article vient de paraître dans une grande revue médicale internationale testant l'efficacité d'un spermicide dans la prévention des maladies sexuellement transmissibles (MST). Jusqu'à preuve du contraire, ces médicaments n'ont qu'un rôle, celui de contraception, moins efficace certes que la pilule, mais davantage que les méthodes religieuses de contraception... On a pu soupçonner que ces spermicides diminuent les infections sexuellement transmissibles, sans données précises. Ben voilà qu'un laboratoire pharmaceutique, sous le couvert des autorités camerounaises (on se demande ce qu'elles ont pu recevoir), décide de prouver l'efficacité de son spermicide à lui, évidemment meilleur que les autres...

En quoi à consister l'étude

  Pour prouver l'efficacité d'un médicament, la meilleure méthode est de le tester contre un placebo, c'est à dire qu'on donne un produit au patient sans qu'il sache s'il s'agit d'un placebo ou du produit actif (et parfois même le médecin ne le sait pas lui-même au départ, technique dite du double aveugle). Qui pouvait bien accepter de tester un médicament pouvant prévenir les MST, en sachant qu'on se heurte à deux logiques : la meilleure prévention est le préservatif mais pour montrer l'efficacité de son produit, le labo doit espérer, sans le dire évidemment, que les personnes ne l'utiliseront pas. Donc on a choisi une population bien à risque, des africaines, qui plus est, prostituées..... pas encore séropositive pour le VIH. On leur donne le produit (placebo ou spermicide) en leur conseillant évidemment officiellement d'utiliser les préservatifs..... Imaginez franchement ce qu'a pu comprendre une prostituée africaine au charabia des médecins...., voire si elles n'ont pas compris qu'elles testaient un médicament pour empêcher l'infection par le VIH

Résultats......

Comme on pouvait s'y attendre, il n'y a pas eu de diminution des MST avec le spermicide par rapport au placebo. Deux types MST autres que le VIH ont été contractées par la moitié des prostituées sur un an, tandis que 10%/an!!!! contractaient le VIH...... Quelle belle utilisation de préservatif.....

Le pire..... imaginez que le labo ait réussi à prouver l'efficacité de son spermicide.... pensez vous que ces prostituées africaines auraient pu se l'acheter ??

Que faire alors dans le VIH

   Ne soyons néanmoins pas anti études dans la recherche contre le VIH, et le problème se pose ou se reposera. Néanmoins, il faut saisir la différence entre une étude ciblée sur quelques centaines de personnes ou l'on va modifier les habitudes des individus, et une étude plus vaste à l'échelle d'une région ou d'un pays. Ces dernières études deviennent acceptables car on a moins de probabilité de modifier un comportement humain.

Conclusion :

Une étude monstrueuse, peu choquante finalement venant d'une.... multinationale, mais qui là encore a réussi à trouver des appuis médicaux. Cela préjuge mal de futures études de vaccins contre le SIDA


Retour doigtier scientifique

Nous écrire     Accueil