La mononucléose infectieuse (MNI)

La MNI est une infection due au virus EBV (Epstein Barr Virus). Cette infection peut se présenter sous plusieurs formes, dont la plus connue (MNI) n'est d'ailleurs pas la plus fréquente.

Qu'est-ce que l'EBV ?

L'EBV est un virus appartenant à la classe des herpes virus, qui ont comme particularité d'être le plus souvent asymptomatique (on ne se rend pas compte de l'infection), d'être très répandus dans la population, et de rester dans l'organisme après une guérison, ce qui permet une éventuelle résurgence, notamment en cas d'immunodépression.

Quels sont les formes de mononucléose infectieuse ?

  1. la forme asymptomatique, la plus fréquente, surtout si elle survient dans l'enfance. En y regardant de plus près, on pourrait trouver quelques petits ganglions et une très légère fièvre, chose banale dans l'enfance.
  2. La forme classique : le syndrome mononucléosique : fièvre, fatigue (épuisement même parfois), angine, ganglions cervicaux, parfois douleurs articulaires ou une splénomégalie (grosse rate). A noter qu'une légère et transitoire augmentation des transaminases -enzyme hépatique- dans le sang est possible. Cette forme est souvent décrite chez l'adolescent, à l'aube des premières amourettes, ce virus se transmettant par la salive (d'où le terme de maladie du baiser). La fatigue est le plus souvent longue à disparaître, plusieurs mois sont parfois nécessaires.
  3. Les formes graves liées à une immunodépression sévère : le virus EBV a la capacité de rendre des lymphocytes immortels : qui dit immortalité dit prolifération et donc malignité (lymphome) : une personne avec des défenses immunitaires contrôlera sans problème ces cellules, alors que les patients sévèrement immunodéprimés risquent de développer cette maladie.

Comment faire le diagnostic ?

La numération sanguine retrouve des lymphocytes en grandes quantité dans le sang, dont certains bleutés (par la coloration sur la lame) : c'est le syndrome mononucléosique. Il peut aussi exister une baisse des plaquettes, voire plus rarement des globules rouges.

La sérologie virale : A posteriori pour les formes asymptomatiques en constatant une sérologie positive pour les IgG (Anticorps qui montre la mémoire immunitaire de l'organisme) , dans les 2 à 3 semaines pour les formes classiques en demandant une sérologie EBV (IgM positives). Le MNI test peut suffire dans les formes classiques initiales. Les formes graves ont un contexte différent : présence de cellules malignes dans le sang, la moelle osseuse ou dans des ganglions. Répétons là encore que les formes graves nécessite des immunodépresions sévères rencontrées dans le SIDA sévère ou après certaines greffes ayant reçu beaucoup d'immunosupresseur.

Traitement

Dans les formes simples, pas de traitement particulier en dehors du repos souvent contraint par la fatigue. Il faut éviter certains antibiotiques de type pénicilline (donnent éruption) et les anti-inflammatoires de type cortisone notamment. Les vitamines ne soulagent que le médecin prescripteur.... mais ne font pas de mal!

Dans les formes graves, il faut essayer de diminuer l'immunodépression du patient : facile si le patient recevait un traitement immunosuppresseur (on l'arrête, et on constate souvent une guérison de l'infection), plus difficile si acquis : reste alors la chimiothérapie.

4 remarques

En dehors des personnes immunodéprimées, la prévention est inutile car tôt ou tard, un individu se contaminera avec le virus EBV : plus la contamination est précoce, moins les signes seront importants

On confond parfois les termes de MNI avec celui de syndrome mononucléosique (qui a une définition purement biologique) que l'on peut voir dans de nombreuses autres infections virales ou certains affections malignes.

En cas de MNI classique, le tableau ressemble souvent à une angine et on a tendance à donner un antibiotique de type pénicilline croyant à une infection bactérienne : certaines de ces pénicillines (comme le Clamoxyl® ou l'Augmentin®) vont provoquer des éruptions cutanées faisant croire à une allergie : en fait ces patients ne sont pas allergiques et on pourra redonner ces antibiotiques à une autre occasion

Conclusion

La MNI prête souvent au sourire, du fait de son lien avec le baiser. Le virus responsable, l'EBV, n'est vraiment dangereux que chez les patients très sévèrement immunodéprimés


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