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les bithérapies dans le traitement de l'hépatite C

 

L'hépatite C est connue en tant que telle depuis les années 80 et on estime à 5 millions le nombre d'européens touchés par cette maladie. Son diagnostic précoce et les premiers traitements ne datent que depuis les années 90. Néanmoins, ce traitement, l'interféron en l'occurence, n'est efficace que chez un nombre restreint de patients (moins de 25%). D'autres molécules ont été testées, notamment la ribavarine. A la manière de la maladie VIH, des bithérapies sont tentées. Un récent article rapporte les résultats de la première étude contre placebo comparant un traitement par interferon + placebo à   interféron + ribavarine. Nous en profiterons pour montrer comment ce genre d'étude doit être abordée pour éviter les erreurs et les débordements.

Qui a été traité dans cette étude ?

832 adultes, avec un diagnostic d'hépatite C, une atteinte hépatique d'hépatite chronique mais avec une fonction hépatique normale, pas d'autres infections virales ou de diverses autres maladies chroniques. Surtout, aucun de ces patients n'avait reçu d'interféron auparavant.

Quels sont les résultats

L'association interféron + Ribavarine donne une meilleure réponse que l'interféron seul (associé à un placebo) en terme de disparition du virus dans le sang, de normalisation des transaminases et de diminution de l'inflammation du foie à la biopsie. Globalement, un traitement par bithérapie de 48 semaines est plus efficace que 24, et permet deux fois plus de réponses que l'interféron seul (on passe de 20 à 40% de réponses)

Qu'est-ce qui favorise la réponse au traitement ?

Finalement, un peu les mêmes éléments que le traitement par interféron seul, c'est à dire, par ordre d'importance, le type de virus de l'hépatite C contracté, l'âge (mieux <40 ans), l'importance de l'atteinte hépatique (mieux : foie peu atteint), et peut-être, en tout cas très faiblement, le sexe (un peu mieux si femme) : ainsi une femme de moins de 40 ans, avec un type de virus favorable, peu de virus dans le sang et peu d'atteinte hépatique répondra dans 80% des cas (contre 33% pour interféron seul) alors que les caractéristiques inverses ne donnent que 20% de réponse (0% si interféron seul)

Quels sont les effets secondaires de cette bithérapie

Essentiellement la diminution du taux de l'hémoglobine (anémies), en moyenne, quand même de 3g/dl qui se corrige à l'arrêt du traitement.

Les effets secondaires de l'interféron bien sûr (syndrome grippal, diminution globules blancs, dépression notamment)

Globalement, entre 1/5 et 1/4 des patients ont arrêté leur traitement précocément

Que doit-on tirer d'une telle étude ?

Conclusion

D'autres études seront publiées, mais sous réserve d'un suivi hospitalier correct, il paraît dès à présent important de proposer ces bithérapies aux nouveaux patients ayant une hépatite C chronique, sans traitement préalable, ni complications.

Ajout du 22/11/98 : Une seconde étude, aussi large, confirme ces résultats, alors qu'une troisième semble aussi montrer qu'en cas de traitements déjà reçus, cette bithérapie est supérieure à l'interféron seul. A noter que pour toutes ces études, le nombre de patients avec une cirrhose était minime : l'efficacité de la bithérapie reste à prouver dans cette indication


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