Les immunosuppresseurs

 

Qu'est-ce ?

   Ce sont des produits (corticoïdes, ciclosporine ou le FK506, Imurel et Endoxan notamment) qui vont diminuer l'activité des lymphocytes (qui sont la deuxième classe des globules blancs avec les polynucléaires neutrophiles), pas nécessairement leur nombre d'ailleurs. Les lymphocytes sont les principales cellules gouvernant la défense de l'organisme contre les agressions extérieures, que ce soient les virus, certaines bactéries comme la tuberculose ou les tissus étrangers (greffe ou par analogie les tissus cancéreux). Aucun immunosuppresseur n'a d'activité spécifique sur un type de lymphocyte : on ne connaît ainsi pas d'immunosuppresseurs qui n'agiraient que contre les lymphocytes à l'origine des rejets de greffe, sans action sur ceux contre les virus. Vous pouvez ainsi comprendre dès à présent le principal effet secondaire de ces traitements.

Les molécules utilisées

Les indications

Elles sont multiples : d'une part les transplantations d'organe où le traitement est à vie et les greffes de moelle où le traitement est arrêté dans les 6 premiers mois (médicalement, le mot transplantation est utilisé si le tissu greffé est relié par des vaisseaux, et greffe (cornée ou moelle) s'il n'y a pas de vascularisation.

D'autre part, ces immunosuppresseurs sont utilisés, souvent pour diminuer la dose de corticoïdes, dans des maladies inflammatoires type lupus, polyarthrites (on peut ajouter alors le méthotrexate comme immunosuppresseur) lorsque des traitements moins lourds ont échoué etc....

Vous comprendrez en voyant les effets secondaires pourquoi ces traitements sont réservés aux maladies graves énoncées avant.

Les effets secondaires

En reprenant le premier paragraphe, on comprend vite que le principal effet secondaire de ces traitements est... l'immunodépression, avec son corollaire, la diminution des défenses de l'organisme contre des virus ou des bactéries habituellement bénins comme le CMV, la varicelle et zona ou la tuberculose. S'il existe depuis 10 ans des traitements contre ces infections, notamment le CMV, elles restent toutes potentiellement mortelles dans le cas des immunodépressions. On peut aussi ajouter l'hépatite C et B qui seront plus souvent chroniques. Liste non exhaustive. S'y ajoutent enfin une augmentation des risques de cancers (on pense qu'il s'agit d'une diminution des capacités d'élimination des cellules cancéreuses par l'organisme).

Il ne faut pas oublier les effets secondaires propres à chacun des traitements :

L'imurel a une toxicité hépatique possible, peut diminuer le nombre de plaquettes, et augmente à long terme les risques de cancers cutanés (d'où le sage conseil de consulter régulièrement un dermatologue en cas de prise prolongée pour détecter à temps des anomalies de peau)

L'Endoxan est aussi une chimiothérapie, donc elle est toxique pour la moelle osseuse, mais aussi provoque des pertes de cheveux (réversibles en général après l'arrêt), et des stérilités +/- définitives selon les doses utilisées.

La ciclosporine a deux toxicité propres : l'augmentation de la pression artérielle et une toxicité rénale; d'où l'intérêt de contrôles fréquents du taux sanguin de ciclosporine. On peut y ajouter aussi, mais moins fréquents, une augmentation de la pilosité, une impuissance....

 

Conclusion :

Ces immunosuppresseurs ont permis de sauver de nombreux patients atteints de graves maladies, potentiellement mortelles, cas où les effets secondaires possibles sont acceptables vu l'enjeu. Ces traitements dangereux ne doivent  être utilisés que lorsqu'il existe effectivement un risque vital.


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