Morphine

 

Qu'est-ce que c'est? :

La morphine est un dérivé opiacé, appartenant à la classe la plus élevée des antalgiques. S'il est une mode de dire que la France est très en retard pour son utilisation, il faut à présent admettre qu'au cours des années 90, ce retard a été largement rattrapé.

 

Peurs ancestrales et Morphine :

1 : la morphine garde pour beaucoup l'image d'une drogue dure, comme pourrait l'être l'héroïne, avec l'image de dépendance

2: son utilisation reste très liée à la notion de cancer, à l'origine de peurs

3: ses effets secondaires, parfois exagérés, ont retenu la main du médecin pour la prescription, certains allant même jusqu'à se dire, sans l'avouer, que la meilleure façon de suivre la maladie, est de suivre l'intensité de la douleur

4: Une prescription difficile, lié justement aux points précédents

5: en ville, le caractère parfois dangereux pour un médecin de ville de se balader avec de la morphine ou d'en posséder chez soi.

Et pourtant :

La notion de dépendance, physique ou psychique, à la morphine est souvent exagérée : en cas de douleur aiguë, non prolongée, ce ne sont pas quelques injections qui vont entraîner la dépendance; en cas de douleur intense et chronique, la consommation sera de toute façon prolongée

La morphine n'a pas pour indication telle douleur cancéreuse, mais toute douleur ne répondant pas ou insuffisamment aux antalgiques de plus faible efficacité. Citons la douleur de l'infarctus du myocarde, certaines douleurs rhumatismales etc...

Concernant les effets secondaires, séparons d'abord la somnolence des autres effets : En simplifiant un peu, on peut dire qu'un traitement par morphine bien adapté à un patient ne devrait jamais entraîner, ou peu, de somnolence. En effet, il existe comme une balance entre d'une part la douleur et l'état d'éveil : plus la douleur est élevée, plus le patient restera éveillé. Si on adapte la dose de morphine de manière à juste éliminer la douleur, sans plus, on doit retrouver l'équilibre. Par contre, en cas de surdosage, il y aura somnolence, ou une douleur résiduelle en cas de sous dosage.

Les autres effets secondaires sont la constipation, très fréquente, à prévenir dans tous les cas, l'huile de paraffine restant le médicament le plus efficace et le moins cher (ou les pruneaux); les vomissements parfois, gênant si la prise de morphine est orale. La notion de dépression respiratoire est liée au phénomène de surdosage et de somnolence.

Enfin, concernant le mode de prescription, la question est difficile : un médecin ne peut pas vous prescrire de la morphine pour une durée prolongée, surtout pour les formes injectables. Cette prescription doit être faite sur un carnet à souche, avec des règles très précises. Vaste débat dans lequel nous ne rentrerons pas.

 

Les différentes morphines :

Cas particulier, les douleurs résistantes à la morphine

Même si la morphine est l'un des meilleurs antalgiques, il existe des douleurs qui n'y réponde pas ou peu, notamment les douleurs périphériques (type zona) ou psychique. Dans ces cas, la douleur reste malgré l'apparition d'une somnolence. D'autres traitement sont disponibles

Conclusion : Phrase bateau, mais la morphine est un excellent médicament si on sait l'utiliser. Toujours se renseigner à ce propos sur l'existence de centres anti-douleurs dans sa région.


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